Lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui à Madrid, le Front Polisario a annoncé qu’il engageait une procédure judiciaire contre les autorités espagnoles pour avoir délivré une autorisation à la compagnie aérienne Ryanair lui permettant d’opérer des vols vers le Sahara Occidental occupé.
« Notre objectif est que le gouvernement espagnol retire la licence qu’il a illégalement accordée à Ryanair », a déclaré Oubi Bachir, responsable au sein du Front Polisario.
Le 19 janvier 2025, Ryanair a inauguré des liaisons aériennes au départ de Madrid et de Lanzarote vers Dakhla, présentant cette ville comme faisant partie du Maroc. Dakhla est située au Sahara Occidental, une ancienne colonie espagnole qui figure toujours sur la liste onusienne des territoires non autonomes et qui est, en grande partie, occupée par le Maroc.
La compagnie aérienne avait annoncé ces liaisons en novembre 2024, qualifiant Dakhla de treizième aéroport de son « réseau marocain » et remerciant le gouvernement marocain pour son « soutien et sa vision dans la concrétisation de cet investissement majeur ».
Ces vols soulèvent des interrogations quant au fondement juridique de l’exploitation de liaisons vers ce territoire. En 2018, la Cour de Justice de l’Union Européenne a statué que l’accord aérien entre l’UE et le Maroc ne s’applique pas au Sahara Occidental, un territoire distinct et séparé du Maroc. En janvier 2025, la Commission Européenne a confirmé que cet accord ne couvre pas les vols entre les États membres de l’UE et le Sahara Occidental.
En novembre 2024, Western Sahara Resource Watch (WSRW) a demandé à Ryanair de justifier sa décision ainsi que sa présentation de Dakhla comme étant marocaine. WSRW n’a reçu aucune réponse.
Le différend a également atteint l’Irlande. En octobre 2026, l’organisme irlandais de régulation de la publicité a conclu, dans un avis préliminaire, que la description de Dakhla par Ryanair comme une « aventure marocaine » était susceptible d’induire les consommateurs en erreur. Le Maroc cherche à faire de Dakhla un pôle touristique au sein de ce territoire.
L’action en justice du Front Polisario conteste désormais l’autorisation accordée par l’Espagne, plaçant les activités de Ryanair sous une surveillance accrue dans un territoire dont le statut international demeure non résolu. Il a été indiqué que de plus amples informations seraient communiquées lors d’un événement au Parlement européen, le 4 novembre.
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